Léo Ferré - La mémoire et la mer
(Transcrit par peranar@yahoo.fr)
Paroles et musique de Léo Ferré
Em9 Em
La marée, je l'ai dans le cœur
D
Qui me remonte comme un signe
D7
Je meurs de ma petite sœur,
C9
De mon enfance et de mon cygne
C
Un bateau, ça dépend comment
D7
On l'arrime au port de justesse
Bm7
Il pleure de mon firmament
Am
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
G
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Am7
Et te ramasser dans ses rimes
Am6
Comme le trémail de juillet
Em9
Où luisait le loup solitaire
Em
Celui que je voyais briller
Em7 Em6b Em
Aux doigts de sable de la terre
Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle
ACCORDS :
Rq : pour ce morceau je laisse le E grave en bourdon
Em :
022000
C9 :
032030
Em6b:
022010
Bm7:
020202
Em7 :
022030
Am :
002210
Em9 :
022002
Am6 :
002212
D :
000232
Am7 :
002213
D7 :
000212
G :
020003
C :
032010
|