Le croque‑mort à coulisse
(Sylvain Lelièvre, Venir au monde, 1981)
Dm A7 Dm
Il était embaumeur mais jouait du trombone
A7
Et les jours où personne ne daignait trépasser
Gm D7 Gm
Seul entre ses cercueils et son vieux gramophone
Dm F A7 Dm
Il prenait des chorus avec Tommy Dorsey
Dm A7 Dm
Y a pas de sot métier comme le dit le proverbe
A7
Et s'il faut que la mort soit votre gagne‑pain
Gm D7 Gm
Tout plutôt que l'armée, vive les pompes funèbres
Dm F A7 Dm
C'est moins dur que docteur et plus sûr qu'assassin
C7 Dm
Donc il était croque‑mort et battait la mesure
A7 Dm
Tout en déboutonnant trois ou quatre bémols
Em7 Am7
Sa fiancée cachée, son unique aventure
E7
C'était son instrument parfumé de formol
Dm A7 Dm
Pour le reste il était toujours de circonstance
A7
Chagrin pour escroquer les veuves tout en pleurs
Gm D7 Gm
Discret pour encaisser les chèques d'assurance
Dm F A7 Dm
Artiste pour monter les Cadillac en fleurs
C7 Dm
Lorsque la mort le remercia de ses services
A7 Dm
On trouva son trombone serré contre son corps
Em7 Am7
On l'appelle depuis le croque‑mort à coulisse
E7
Et sur sa pierre on lit, gravé en lettres d'or:
Dm A7 Dm
“Il était embaumeur mais jouait du trombone
A7
Et les jours où personne ne daignait trépasser
Gm D7 Gm
Seul entre ses cercueils et son vieux gramophone
Dm F A7 Dm
Il prenait des chorus avec Tommy Dorsey”
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